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Interview Adrien Fourmaux, le rallye passionnément

Par VDB | le 10/03/26

De passage à Paris pour quelques jours, Adrien Fourmaux, pilote officiel en championnat du monde des rallyes pour Hyundai nous a accordé un petit moment histoire de débriefer le début de saison, envisager l’avenir, et plus largement échanger sur son évolution au sein de la reine des disciplines automobile sur route. Alors bouclez votre harnais, nous vous emmenons sur les tracés les plus exigeants du monde, dans le baquet de droite, aux cotés d’Adrien !

DrivEmotion : Salut Adrien, et merci pour ton temps, entrons dans le vif du sujet, comment fait-on le choix de s'engager à plein temps dans ce sport en sachant tous les dangers et les incertitudes qu'il y a, quand on est au beau milieu d'études de médecine?

Adrien Fourmaux : Clairement, ça n'a pas été simple mais j'ai fait « step by step », c'est ce qui m'a permis de m'intégrer progressivement dans le sport. J’étais en 4e année de médecine, je participe à Rallye Jeune que je remporte à ma grande surprise, et au début j'essaie de jongler entre études et rallye, mais la médecine, ça demandent beaucoup, beaucoup de temps et c'est compliqué. Mais d'un autre côté, je ne voulais pas rater cette opportunité qui m'était offerte, d’autant que l’on connaît l'histoire de Sébastien Loeb et Sébastien Augier, qui ont démarré aussi par le rallye jeune, donc je me dis je vais tenter ça ira bien jusqu'au bout. J'ai eu la chance avec le doyen de ma faculté, c'était Monsieur Gosset à l'époque, qui m'a vraiment soutenu à aller dans ce projet en me disant vas-y à fond on va t'aménager l'emploi du temps au début et puis au fur et à mesure que ça avance tu feras le point avec nous. Ca s'est donc fait comme ça, progressivement, j'ai essayé de faire les deux, mais clairement je me suis retrouvé en rattrapage en médecine, et le jour d'après il fallait que je parte en course, résultat, j'ai raté mes rattrapages et ma course ! Au bout d'un moment je me suis dit, là il va falloir que je fasse un choix. J'ai eu une bonne réunion avec la fac qui m'a dit mets en pause, viens en cours quand tu peux, comme ça tu gardes quand même les connaissances et tu verras. Au final j'ai fait trois fois la quatrième année, et là, on a dit stop, j'arrivais en mondial, le RC2 en 2019. Mais le point positif dans ma tête, c'était surtout de savoir que j'avais, entre guillemets, ma roue de secours qui était la médecine. Bon maintenant je pense que c'est compliqué mais qui sait, j'avais bien des collègues qui avaient trente ans et qui avaient fait une passerelle entre ingénieur et médecine. Ca s'est donc fait progressivement, mais c'était quand même beaucoup de sacrifices.  

Après tout ce qui est risque, danger etc… oui c'est dangereux, probablement plus dangereux que médecin, mais on peut tomber de l'échelle aussi chez soi. Nous avons quand même des voitures bien sécurisés, et si le zéro risque n'existe pas, je ne connais pas beaucoup de sports qui sont ne pas non plus dangereux. Donc oui il faut gérer ça mais il y a la passion qui prend le dessus et pour moi, c'était une opportunité en or, que j'ai bien entendu voulu saisir.

 

DE : Tout à l'heure nous parlions d'adaptation, le Rallye c'est un sport d'adaptation par excellence, voitures différentes avec notamment des allers/retours WRC/WRC2, surfaces et conditions différentes, de la Suede au Kenya en passant par de l’asphalte,  parfois même copilote différents, mais tu arrives finalement avec une évolution archi rapide !

AF : Oui en quatre ans et demi j’étais en mondial ! Ça n'a pas été simple, tout m'arrivait un peu dans la figure. Je pense que ce qui m'a aidé c'était peut-être mon enfance, de faire plein de sports différents. J'ai fait du tennis, du vélo, de la course à pied, du badminton, de l'escalade, je passais mon temps dehors, mes parents ne voulaient pas que j'ai de Gameboy, des trucs comme ça. Je pense que c'est aussi ça qui m'a aidé à m'adapter, à apprendre des choses et à toujours essayer de m'adapter. Au final, je me suis rendu compte qu’il y'avais pas mal de similitudes dans le pilotage de voiture, et quand j'étais sur mon vélo à faire de la descente. La lecture du terrain, des bosses, je pense que ça m’a aidé à analyser la trajectoire, ressentir la gravité, les freins, etc... Donc ce sont peut être toutes ces choses-là qui m'ont amené dans le pilotage. Ce qui a été le plus dur au final, c’est la gestion de carrière et la prise de recul là-dessus. Je m'explique. Le pilotage, je me suis adapté aux voitures. Il y avait un volant, des pédales et au final, j'avais ce truc qui me permettait d'être à l'aise rapidement dans n'importe laquelle, qu'elle soit deux roues motrices à l'avant, à l'arrière ou en quatre roues. Donc ça, c'était la base. Mais ce qui était le plus compliqué, ça a été prendre des notes. J'en avais jamais pris, il fallait apprendre ça, il fallait trouver un copilote, un copilote qui me convienne, et c’est pas facile à trouver au final. C'est un couple, je passe plus de temps avec lui qu'avec madame. Donc ces choses-là c'est compliqué. Il y a aussi tout le côté politique du sport, les règlements. J'ai eu quelques petits soucis, jamais rien de grave, mais des petites choses qui pour moi n'avaient pas d'importance, et pourtant. Par exemple au Kenya, j'avais trouvé une petite coupe qui m'avait fait gagner peut-être 4-5 secondes, et pour laquelle j'ai pris une pénalité de 10 secondes, des choses comme ça. Moi je comprenais pas pourquoi j'avais pas le droit, donc il y avait beaucoup de choses à apprendre. C’est le jeu, on fait des erreurs, on apprend de nos erreurs, et on va de l'avant. Au final c'est un peu comme un entrepreneur qui se lance dans sa nouvelle entreprise, il y a des choses qu'il ne maîtrise pas nécessairement, et il faut être bien conseillé, il faut s'entourer des bonnes personnes, le copilote, mon coach, la préparation mentale, derrière il faut des avocats, au final tout comme un chef d'entreprise, et il a fallu s'adapter.

 

DE : Alors c'est presque ça qui est plus difficile que la course ?

AF : Faut quand même d'être performant pour arriver au plus haut niveau, mais tout cet à côté-là, c'est un peu la partie un peu immergée de l'iceberg que les gens ne voient pas forcément, sans compter tous les sacrifices, voir ses amis, sa famille, c'est compliqué d'avoir une vie sociale dans ces moments-là. Toutes ces choses dont on ne parle pas forcément, mais au final quand je roule c'est un plaisir, ce sont plutôt les à côtés qui sont contraignants. 

DE : Il y a quelque chose que je trouve notable quand je regarde tes résultats, c'est qu'il y a une certaine homogénéité. La Suède, le Kenya, le Monte-Carlo, il n'y a pas un rallye où tu es deux et un où tu es douze. C’est impressionnant sur un laps de temps une fois de plus assez court. Mais comme tu dis, ça c'est la partie entre guillemets où on se fait plaisir, ça aide ?

 

AF : Oui on se fait plaisir, on essaie de trouver des techniques, on essaie de d’adapter les techniques. Le point positif de démarrer si tard en rallye, c'est que je ne me suis pas fait de mauvaises habitudes de pilotage. Donc j'ai peut-être aussi une capacité d'adaptation un peu plus élevée que ceux qui sont là depuis 15-20 ans et qui ont tout le temps fait la même chose, je pense que je peux m'adapter plus rapidement aux nouveaux pneumatiques, aux nouvelles voitures, que certains qui sont là depuis plus longtemps. 

DE : On parlait tout à l'heure des Sebastien, Loeb et Ogier. Quand on est un pilote français, et qu'on arrive après ce genre de mythes, en France, il y a un côté blasé. On le voit quand on regarde la notoriété du second par rapport au premier…  Quand on est le premier champion du monde, c'est génial, le premier double champion, triple champion etc… c'est un exploit. Derrière, Ogier fait « la même chose » malheureusement sans la même notoriété. Toi, tu arrives après tout ça, après vingt ans de domination française, comment on peut gérer ça, essayer de se faire une place au milieu de ce Panthéon ?

AF : C'est pas simple. C'est vraiment pas simple, je pense que tu résumes bien la situation, derrière je pense que les français sont en effet un peu blasés de ça parce que limite c'est normal de gagner. Quand tu fais trois, et que tu lis  « attends il fait que trois, on est habitué à ce que ça gagne ». Donc oui c'est pas simple mais je ne peux pas y faire grand chose, je ne peux pas le maîtriser. J'essaye juste de faire mon bout de chemin, créer mon personnage. Ils avaient tous les deux des chemins similaires avec Rallye Jeune, mais on a tous les trois un parcours différent avant. Loeb le gymnaste, Ogier j'ai envie de dire le skieur, et puis moi le médecin, ce sont bien trois personnages différents. C'est donc définitivement pas simple et ça veut dire qu'il faut que je fasse aussi bien parce qu’eux sinon (rires). Même si je gagne un championnat, t’entendra  « ouais ça va ils en ont fait neuf ». Ca je ne peux pas trop contrôler, mais c'est vrai que c'est un fait les français sont un peu blasés de gagner en rallye parce que c'est devenu normal. Et pourtant c'est pas aussi simple que ça, et même sans gagner neuf titres, rester simplement au plus haut niveau pendant dix ans c'est déjà très dur, ça demande une implication folle, c'est énorme, mais désormais ce n’est plus assez ! 

DE : On a vu ton coup de gueule sur le GP Explorer et plus globalement sur le manque d'exposition du WRC, comment peut-on faire pour mettre ce sport plus en avant?

AF : Alors ça tombe bien que tu me poses la question, j'ai jamais fait un coup de gueule sur le GP Explorer, même si c'est comme ça que ça a été présenté. Moi j'ai juste dit qu'il fallait qu'on s'inspire du GP Explorer parce qu'en réalité c'est un événement dans l'année, c'est pas des professionnels qui roulent et ça attire énormément de jeunes. 

 

DE : Justement c'est des jeunes qui viennent regarder, c’est un petit peu la culture du crash.

AF : Oui, j'ai un peu exagéré, en piste on a des gens dont piloter n’est pas le métier, donc forcément, le risque de crash est plus élevé, mais c'est surtout dans le sens comment ont-ils réussi à attirer toute cette jeunesse pour venir voir ce spectacle ? Et surtout, comment on fait pour en attirer autant ? Parce que nous, on a beaucoup de fans en rallye, mais probablement plus âgés (qu’au GP Explorer ndlr), et on a du mal à aller rechercher ce jeune public. Pourquoi ? Est-ce que c'est le format du rallye qui est mauvais ? Est-ce que c'est parce que ça dure trois jours et qu'il faudrait que ça ne dure que deux jours, qu'une seule journée ? Est-ce que c'est parce qu’on n'est pas assez visibles en rallye ? En terme de réseau, j'ai du mal à faire du contenu parce que ma vie de pilote prend énormément de temps. Je sais que les pilotes de F1 par exemple sont plus en vue, mais ils ont plus de temps que nous, ils ont pourtant plus de courses, mais ils sont archi-médiatisés, ils ont des grosses structures derrière qui aident, et la question c'est comment faire ? C’est là où on doit, je trouve, prendre exemple sur GP Explorer, qui vient de rien, qui arrive à avoir des milliers de followers, des gens qui veulent venir voir. Pour l’anecdote, j'ai ma cousine qui a 20 ans, et qui m'a demandé si je pouvais avoir des pass pour y aller, alors qu'elle n'a jamais voulu venir voir un rallye ! C'est là que je me dis que l’on a raté quelque chose, et c'est dans ce sens-là que je le disais, c'était pas pour critiquer, bien au contraire, parce que justement cet évènement c'est malin. 

DE : Mais justement, le circuit, en live ou en streaming, ça écrase beaucoup la vitesse, là où le rallye, même sur des niveaux inferieurs, est bien plus spectaculaire, bien plus photogénique, les paysages, les jumps, les épingles, la glisse…

AF : Parfaitement, et on n'arrive pas à mettre ça en avant, c'est incroyable, et c'est là que je dis, c'est qu'on rate quelque chose. On a en effet un sport bien plus spectaculaire que la F1, mais pourquoi la F1 prend le dessus ? Ok il y a le côté glamour, luxury, etc… Mais nous, il y a un côté spectaculaire que l'on n'arrive pas à montrer, à mettre en avant. Pour l’anecdote, semaine dernière on a roulé, on était les trois équipiers ensemble donc j'ai vu la Rally1 rouler. En général quand je vois la Rally1 rouler, c'est que je suis sur le bord de la route, que j'ai abandonné, c'est pas bon (rires), mais là j'ai eu la chance d'être sur le bord de la route, regarder la voiture passer pour essayer de voir comment c'est amorti, comment ça travaille, et j'ai été impressionné, alors que quand je suis dedans je ne me rend pas compte, et là, quand je l'ai vu passer j'ai fait waouh ! C’était archi impressionnant !!! Alors pour revenir au GP Explorer, ok il y a le coté influenceurs, mais ils ont aussi fait un super beau teasing, leur présentation est magnifique. Il faut aussi que nous, nos promoteurs, ils puissent faire des choses comme ça. Nous, on est comme ça, on croise les bras, c'est pas le truc le plus sexy du monde et ça fait 15 ans que c’est la même chose, va falloir innover un peu, je sais pas, le drone rentre dans la voiture, filme le pilote et ça ressort, la porte s’ouvre et on descend, on peut faire plein de choses. Donc il s’en faut s'inspirer, attirer l’œil, capter l’attention. 

 

DE : Rebondissons sur la saison qui a débutée il y a quelques semaines, et c’est visiblement un peu compliqué par rapport à Toyota. Je ne parle pas de résultats personnels, tu es plutôt le pilote de pointe chez Hyundai sur les deux premières courses puisque tu fais premier pilote Hyundai à Monte-Carlo et en Suède, et du coup au championnat forcément . Mais comment tu vois la suite de la saison, est-ce qu'il y a un équilibrage de performances qui va se faire ? Comment toi tu sens les choses ?

AF : Clairement c'est compliqué, on vit une période difficile avec Hyundai, mais le point hyper positif c'est que l'équipe ne lâche pas, elle travaille, continue de développer. J'ai roulé il y a deux semaines, je roulais la semaine dernière, et encore cette semaine. J'aurais vraiment été déçu et me serait senti un peu abandonné si on n'avait pas tous les efforts mis derrière par l'équipe, mais là on voit vraiment une vraie volonté de revenir au niveau et de s'investir. On sait qu'on a eu des petits soucis, et l'équipe ne se satisfait pas d'être quatrième et cinquième pour ses deux pilotes de pointe, et encore moins en voyant le résultat des Toyota face à nous sur les 2 courses. On a eu un Monte-Carlo très difficile, vraiment pas idéal pour nous. On a eu du mal sur un asphalte à grip changeant, et on a eu le Monte-Carlo le plus grip changeant depuis la dernière décennie... En Suède, là où je ne suis pas satisfait, c'est que nos essais ne se sont pas très bien passés et je pense que ça a vraiment impacté la course, sur un rallye qui demande de la performance pure, et l'an dernier on était performant, pas cette année. mais si on compare par rapport à l'année dernière, on a un peu stagné. Sur les temps, à spéciale identique, on était deux ou trois secondes plus rapide donc on battait mon meilleur temps de l'an dernier et les Toyota étaient derrière, et là on améliore à peine. Donc c'est vraiment Toyota qui a amélioré, pendant que l’on a un peu stagné. En Suède, il y a aussi l’aspect pneumatiques. Est-ce qu'ils ont compris quelque chose en plus sur les pneumatiques, comment les gérer, etc… c’est possible. Je suis beaucoup plus confiant à l'abord des rallyes terre et des rallyes asphalte plus classiques. 

DE : Notamment le Kenya qui arrive et qui t'a plutôt bien réussi jusqu'à présent.

AF : Oui, sachant que le Kenya c'est pas un rallye où la voiture la plus performante gagne forcément. Il faut beaucoup gérer, les pneus, la voiture. Mais c'est bien, en début de saison on a trois rallyes différents. Un asphalte mixte neige qui est compliqué, le plus dur au monde. Après on arrive en Suède, c'est la pure performance sur neige et puis c’est le Kenya où là c'est même pas la performance terre, c'est de la régularité, la vraie gestion, être malin, où passer, où mettre ses roues.. C'est pas simple, il faut quand même une voiture bien préparée parce qu'on va rencontrer soit du fesh-fesh, cette farine de sable, soit de la boue, parce qu'on est en saison des pluies, on a reçu des vidéos, beaucoup d’eau sur les chemins, et parfois sur une même spéciale, on passe du fesh-fesh à la boue parce qu'il ne pleut pas partout, c'est des zones. Il y a donc cette gestion, c'est long, accepter parfois de ne pas être au devant de la scène et se dire j'ai le bon rythme, même si on sait qu’on peut aller plus vite, il faut accepter et gérer la frustration et se dire non, je garde ce rythme quitte à en mettre à plus sur la fin, de la gestion et de la stratégie. 

 

DE : Une approche positive sur la suite de la saison, il reste 12 courses, c'est long en championnat, en se disant ok, on bosse, on va revenir dans le jeu et chaque course est différente, et tu as aussi de quoi te jauger dans l'équipe avec la même voiture. Il y a des pilotes qui ont un vécu rallye plus long, et pour le moment, tu es devant, c'est positif, et c'est aussi intéressant en terme de développement ? Est-ce que c'est des gars qui ont un peu plus d'expérience, vont permettre d'apporter des choses, pendant que tu es peut-être plus dans la vigueur, la jeunesse, la fraîcheur ?

AF : Oui clairement, c'est intéressant pour moi de travailler à côté de Thierry, même de Dani et Hippi, parce que ça me permet de prendre de leur expérience, comment ils travaillent sur certaines choses, même si je ne prends pas tout, mais c'est toujours intéressant de se remettre en question en voyant ce que font les autres. Après sur ce qui est réglage de voiture, je suis souvent à me faire confiance, sur ce dont j'ai besoin, mon feeling, ce dont je sais que j'ai besoin pour être à l'aise dans une voiture. 

DE : Le temps est presque écoulé, alors, juste une petite question bonus. On sait que ça va changer beaucoup l'année prochaine, il y a un nouveau règlement qui arrive, et ça ressemble un peu aux montagnes Russes en terme de performances, ça monte pas mal, puis ça redescend. On avait les hybrides, on a plus les hybrides, là on arrive sur quelque chose avec un châssis tubulaire, on met la carrosserie que l’on veut, comment tu vois cette évolution?

AF : Clairement c'est un sport spectaculaire qui doit rester spectaculaire parce qu'on a ça pour nous, c'est important. Je comprends l'idée de réduire les coûts pour que ça puisse aussi intéresser des constructeurs. Retirer l'hybride ça a quand même beaucoup réduit les coûts, mais les voitures sont peut-être trop en carbone ce qui fait des prix un peu trop élevé pour une voiture de rallye qui finit parfois dans les branchages…. Mais il ne faut pas oublier que ce qui intéresse les marques, ce sont aussi les technologies. Moi je trouvais que les voitures avant elles étaient intéressantes quand elles avaient un différentiel central, il y avait même parfois des suspensions actives, pilotées, etc. On a perdu un peu ça, et c’est dommage parce que des voitures de série ont ça maintenant. Il faut qu'une voiture de rallye reste sexy, qu'elle ait un peu d'aéro, qu'elles fassent un bruit sympa, quand tu vois une Rally1 passer, le bruit ça fait frissonner, c’est même une question de sécurité dans le sens où quand on est spectateur, on l'entend arriver, et ça fait partie du spectacle. Par contre si on peut réussir à réduire ses coûts pour avoir plus de constructeurs c'est une bonne chose, mais là j'ai pas l'impression qu'on en ait trop qui arrive pour 2027 c'est un peu le problème. Je suis ok de redescendre d'un step en perf si derrière on remonte progressivement, mais même ça il n'y a pas forcément besoin pour réduire la facture, on met juste une bride plus grosse sur un moteur de Rally2 et on gagne déjà 30-40 chevaux sans avoir de problème de fiabilité.  

Mais on en revient au point fondamental, au-delà du règlement, comment amener un nouveau fan à venir voir un rallye facilement ? C'est souvent la question qu'on me pose, tiens j'aimerais bien aller voir un rallye mais comment je fais ? Il faut aller sur le site internet, il y a les maps, repérer les points d’accès, mais il faudrait simplifier, peut être avoir une application qui permettrait de dire j'ai envie d'aller voir le rallye, je peux aller me placer là-bas, je prends, je paye, ça me guide. Tant pis même si ça, ça devient payant, y’aura toujours des points gratuits pour ceux qui veulent se débrouiller, et pour les autres, ils payent et on l'emmène à l'endroit qui va bien. Accompagner les gens, et les mettre dans des endroits en sécurité mais proches du spectacle. Parce que la beauté du rallye c'est quand on est proche. Et il y a des endroits proche, en sécurité, en hauteur, Peut-être mettre des murets mais avec une estrade, il y a moyen de faire ça.

 

Un immense merci à Adrien pour son accueil, ses idées, et sa franchise. N’hésitez pas à le suivre sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram et X ), et a aller voir du rallye, c’est une expérience dont on revient toujours avec la tête pleine de souvenirs et de belles images.

Crédits photo Matija Mikulec et Autosport_photo